Fruit d’un projet des Nations unies, le Regional Training Centre (RTC) a ouvert ses portes à Réduit dans les années 80.

Même si le centre a changé de nom, il n’a cessé d’œuvrer pour élargir les compétences dans l’industrie sucrière à Maurice et en Afrique. Au bout de 4 décennies, le RTC s’est ainsi imposé comme un instrument permettant l’exportation du savoir-faire local dans ce secteur, en proposant cours et ateliers aux professionnels grâce à son partenaire stratégique Alteo. 

Pour en savoir plus sur le RTC et ses ambitions, nous avons rencontré sa directrice, Isabelle Domijan-Bowler.
 

Le savoir-faire mauricien

« Les usines et la production de canne à sucre, font partie de l’histoire de Maurice, » dit d'emblée Isabelle Domijan-Bowler. Grâce à cela, le pays est aujourd’hui reconnu dans la région pour ses connaissances dans le domaine. « Le RTC a pour but de promouvoir et d'élargir les compétences dans l’industrie sucrière dans toute l’Afrique. »  Mais la portée du RTC va bien au-delà de la région Africaine. L’institution a formé des professionnels dans plus de 40 pays, de la Papouasie - Nouvelle Guinée à l’Iran. 

Récemment le RTC a accueilli pendant deux semaines, deux étudiants du Cameroun qui sont venus pour comprendre le processus de la production du sucre et, pour eux, l’objectif a été atteint.

Isabelle Domijan-Bowler souligne que les retombées sur les individus qui suivent les cours offerts et leurs compagnies sont nombreuses et positives. « Ce que nous offrons les aident à améliorer leurs perspectives de carrière, leurs situations mais aussi leurs vies »

« L’expertise mauricienne est très avancée et puis nous avons toujours ce plaisir de partager. » L’objectif : faire que les étudiants sortent du RTC avec quelque chose de concret.

Les formations

En quoi consistent les cours dispensés par le RTC ? Selon sa directrice, les formations couvrent les anciennes et les nouvelles techniques utilisées dans la manufacture, l’agronomie et le contrôle chimique entre autres. « Nous voulons apporter des améliorations chaque année. »

Les cours sont divisés en 3 sections :  

L’agriculture : Les étudiants travaillent avec la canne mais aussi tout ce qui touche l’agriculture raisonnée ainsi que le Landscaping. Au chapitre des nouveautés, il y a le cours de Turf agronomy.

La partie technique : Elle comprend la maintenance, l’ingénierie et l’électricité. Le cours de Lightning Protection sera bientôt offert. Il s’agit de préparer les chefs de maintenance ainsi que de comprendre l’impact et comment protéger ses installations électriques pendant la saison cyclonique. 

Soft skills – Les ‘communication skills’, le leadership et le ‘team building’ sont mis en avant. Mastering the art of supervision équipe les nouveaux superviseurs où ce qui sont promus pour qu’ils puissent s’adapter à toutes sortes de situations. Ce programme, qui s'étale sur trois mois, met l’accent sur les compétences humaines et tout ce qui se rapporte à la communication, le ‘time management’, le ‘stress management’, le droit, les négociations ainsi que le ‘health and safety’.

Isabelle Domijan-Bowler souligne que le RTC s'adresse aussi à ceux qui n’ont pas de background dans l’industrie du sucre. Ces derniers “peuvent bénéficier d’une bonne formation et ils auront des bagages qu’ils leur serviront à vie”.  

Le nombre d’inscriptions au RTC varie d’année en année. De plus, les cours sont prévus pour un groupe d'étudiants francophones et un autre anglophone. Les formations sont sanctionnées par des examens.

 

Study Tours

Le RTC va aussi vers les usines et compagnies à travers le Study Tour. Ce concept, qui sera appelé à changer de nom, consiste à envoyer des formateurs à l’étranger pendant une période déterminée pour qu’ils assistent les professionnels entre autres.

« A Maurice, c’est un peu moins courant, » dit la directrice. « Quand on organise ce genre de programme, nous cherchons des conseils auprès de nos collaborateurs comme Alteo. Nous comptons aussi sur nos collaborateurs pour pouvoir faire des visites dans leurs usines que ce soit pour un apprentissage pratique ou théorique. » De cette façon, les étudiants arrivent à comprendre comment les choses se mettent en place dans la réalité. 

Les Study Tours touchent plusieurs thèmes choisis par le client, indique Isabelle Domijan-Bowler.

 

La collaboration avec Alteo

Le RTC compte une trentaine de collaborateurs. Outre Alteo, le RTC travaille avec la Chambre de commerce et l’agriculture.  

« Nous travaillons avec Alteo depuis un bon bout de temps et cette collaboration est à double sens, » dit la directrice. « Nous comptons sur Alteo pour trouver des projets intéressants qui répondent aux besoins de l’industrie. Nous consultons également la compagnie afin d’avoir des idées pour savoir comment améliorer nos programmes. Nous sommes surs d’avoir un feedback et une opinion objective. »

Cette collaboration a notamment mené à la formation avec Chris Norris sur le Cane Loss. Formation qui a ensuite été étendue à Terra. 

 

L’avenir

Pour la directrice de RTC, même si l’industrie cannière est aujourd’hui dans des eaux troubles, il reste beaucoup d’opportunités pour les jeunes dans ce secteur. 

« Il y a la nécessité de se réinventer et qui fera cela si ce n’est les jeunes? » De faire ressortir que ces derniers se tournent vers la technologie. « On aura besoin de personnes qui maîtrisent la technologie, qui n’ont pas peur d’essayer de nouvelles choses et vont trouver des solutions technologiques et autres. »

 

« Quand il y a des problèmes, il y a aussi des opportunités » 

Isabelle Domijan-Bowler évoque aussi l’agriculture durable. « L’industrie cannière est très verte,. Je pense que les jeunes devraient s’y intéresser car il y a énormément à faire comme la production d’énergie à partir de sources renouvelables. Quand il y a des problèmes, il y a aussi des opportunités, il faut savoir les saisir. »

La directrice poursuit qu’il faut préserver l’agriculture. « Quand je suis allée à la conférence SASTA, en Afrique du Sud, c’était exceptionnel de voir autant de jeunes présenter des papiers de recherches. Pourquoi pas les Mauriciens ? » Lance-t-elle. 

 

L’aventure africaine

Quel est l’avenir de l’Afrique ? Selon la directrice, il est prometteur. « C’est ‘le lieu’ où il faut être », à condition de comprendre que chaque pays de ce continent a sa particularité, sa culture et ses réalités. « Il faut être prudent et s’en approcher avec beaucoup d’humilité. »

L’Afrique est certes un challenge mais c’est un marché prometteur pour Maurice. Le RTC est présent en Afrique et collabore avec ce continent depuis plus de 40 ans. « Beaucoup de pays africains aiment travailler avec nous et nous devons mettre l’accent sur cette idée de partage. Si on est capable de travailler ensemble, cela ira beaucoup mieux. »  

 

Bio

Isabelle Domijan-Bowler a travaillé en Angleterre pendant 10 ans. Elle se passionne pour le ‘lifelong learning’. Elle a été manager du Corporate Learning Department, au Charles Telfair Institute où elle était aussi chargée de cours. 

Quand l’opportunité de travailler au RTC s’est présentée, elle a sauté sur l’occasion. En août, cela va faire 2 ans qu’elle est au sein de cette institution. Pour elle, cette expérience a été un ‘steep learning curve’ car elle devait comprendre l’industrie et n’avait pas au préalable de connaissances dans ce domaine. Un domaine qu’elle maîtrise bien mieux aujourd’hui. 

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